Stanley Greene

Photojournaliste : l’Engagement du photographe témoin

23 au 26 novembre - 4 jours


Le photojournaliste est un rapporteur d’histoire(s) qui va et vient dans les vies et destins des hommes. Le processus documentaire – décrypter, comprendre, appréhender le sujet et aller au cœur de celui-ci est un questionnement au centre duquel le photographe est un élément de réponse.
Le temps est absolument nécessaire pour mener à bien des projets, pour rester sur place afin de comprendre ce qui se passe et de le raconter convenablement : il ne s’agit pas d’être un touriste des désastres.

Ma photographie est une photographie traditionnelle dans un environnement non-traditionnel. Etre photojournaliste aujourd’hui signifie qu’il faut être déterminé et « engagé en humanité ». Il est nécessaire littéralement de « rentrer en photojournalisme »... Car être un photojournaliste c’est être un témoin, un rapporteur/reporter et non la star de cette histoire, une évolution actuelle de la photographie.

La course après les délais pour rapporter des images nous fait perdre ce sens de l’humanité. Regarder la souffrance des autres ne signifie pas qu’ils sont là pour assurer notre gloire et renommée.
Le photographe qui danse entre la lumière et l’obscurité doit, pour photographier les conflits, les famines, les morts,… montrer cette lueur d’humanité dans cette obscurité et le faire avec les yeux grands ouverts. L’appareil-photo est un instrument de détection ; une fois compris cela, nous devenons libres et le monde s’ouvre à nos yeux…
Il ne faut jamais oublier que nous sommes des messagers.
Stanley Greene

Le stage proposé par Stanley Greene aura pour fil directeur cette question omni-présente du positionnement et de l’attitude du photojournaliste travaillant pour une presse ne lui accordant que de moins en moins de temps et d’espace pour s’exprimer. Il abordera donc tous les moyens pour parvenir à raconter des histoires avec toutes les convictions, l’honnêteté et la rigueur du photographe et du journaliste.

Stage en anglais traduit en français.
Pas de prises de vues.

Prix : individuel 590 € formation 730 €

Jour 1
Présentation de chaque stagiaire. Présentation de leurs portfolios, de photos déjà réalisées.
Jour 2
Présentation du travail de Stanley Greene. Bibliographie. Le travail de photojournaliste.
Jour 3
Analyse du travail de photojournaliste, dialogue.
Jour 4
Impressions. Echanges critiques.
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Américain, né à New York en 1949, Stanley Greene est un des photoreporters les plus respectés de sa génération. Cette estime qu’il a gagnée auprès de ses confrères et du monde du journalisme, il l’a doit autant à sa témérité dans l’action qu’à sa rigueur dans l’analyse des drames et conflits qu’il documente.

Engagé dès l’adolescence dans les mouvements de contestation américains – il fut membre des Black Panthers et un militant actif dans l’opposition à la guerre au Vietnam –, Stanley Greene suit plusieurs cursus d’écoles d’art avant d’entamer sa carrière de photographe professionnel. Ses premières années d’activité se déroulent loin des champs de bataille il collabore à des revues musicales pour lesquelles il photographie la scène rock, avant de se consacrer à la photographie de mode. Marqué par sa rencontre et sa relation avec le légendaire W. Eugene Smith, Stanley Greene ne tarde pas à s’engager dans le photoreportage planétaire qu’il aborde comme une mission. Christian Caujolle, fondateur de l’agence VU’ que Greene intègre en 1991, le définit comme « un des héritiers de la concerned photography ». En 1986, cet amoureux d’une certaine France romantique, symbolisée par Doisneau et Brassaï, décide de s’installer à Paris. L’actualité le conduit à Berlin où il photographie la chute du Mur puis, de l’Afrique au Caucase, de la Bosnie à la Nouvelle-Orléans, il enchaîne les grands reportages de guerre ou de tragédies qui sont publiés dans la presse internationale. Attentif à l’action des ONG et des organisations humanitaires et caritatives, il travaille souvent en étroite collaboration avec MSF, Amnesty International ou Human Rights Watch.

En 2003, la publication du livre Plaie à vif. Tchétchénie 1994 -2003, aux éditions Trolley Books, marque les esprits. Il représente l’aboutissement d’une chronique de dix années consacrée au martyr du peuple tchétchène dans son long conflit avec la Russie. C’est à un engagement total, comme photographe et journaliste, que se livre Stanley Greene aux côtés des combattants tchétchènes et des populations civiles survivant dans les décombres de Grozny et les campagnes ravagées par la guerre. Au même titre que le Minamata de W. Eugene Smith, la Tchétchénie de Stanley Greene demeurera comme une des contributions majeures à l’histoire du photojournalisme dans ce qu’il a parfois d’exemplaire.

La sortie de son prochain livre, « Black Passport », est prévue à la fin de l'année 2009.

Stanley Greene a fondé en 2007 avec neuf autres photographes l’agence Noor, basée à Amsterdam.


Benoit Rivero – Actes Sud


www.noorimages.com/

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